Voyage dans le passé de La Malcoiffée

Le château des Ducs de Bourbon, surnommé "la Malcoiffée" à Moulins, recèle de trésors. Encore aujourd'hui; les travaux actuels les mets au jour ! Je vous invite à suivre la page Facebook le compte @mab.allier sur Facebook pour les découvrir !


Commençons ce billet avec un petit conseil : quand vous faites une visite organisée, n'hésitez pas à la refaire ! En effet, il y a parfois des différences entre les guides quant à leur angle pour aborder la visite. Certains sites proposent des visites par plusieurs guides selon leur spécialité, ce qui est le cas pour le château des Ducs de Bourbon à Moulins. Je fais des visites tous les ans, ce sont des surprises et découvertes sans cesse renouvelées ! J'ajoute dans ce billet, quelques photos de mes visites précédentes.


ATTENTION !


J'ai inclus dans ce billet, des passages de livres écrits par d'anciens prisonniers durant la guerre de 39-45. Autant vous avertir, les âmes fragiles et sensibles, s'abstenir ! Ils peuvent choquer ou heurter !


J'ai pris des exemples concrets afin que vous compreniez bien le sujet et que ce site n'est pas une attraction !!! Alors, adoptes les bons comportements. Rendons hommages à tous ces anciens détenus qui ont pour certains, finis leurs jours là-bas.


Si ce site a été déjà abordé dans ce blog :

- Plongez avec le Casabianca et la mémoire des mitards (9 août 2019)

- Les visitandines au chevet des Montmorency (12 juin 2019)

- L'impressionnante Mal Coiffée de Moulins (11 juin 2018)


Cette fois-ci, j'aimerai beaucoup vous parler de l'exposition "L'Allier comme en 40 ! Lorsque la ligne de démarcation séparait les Bourbonnais...".



Durant deux siècles, jusqu'en 1983, le château a fait office de prison. Durant la seconde guerre mondiale, la maison d'arrêt a servie de prison de la Gestapo. Des graffitis dans les sous-sols où se trouvent les cachots témoignent du passage des anciens détenus, résistants, les juifs, les collaborateurs.


Nous sommes le 18 juin 1940, les militaires allemands pénètrent dans la ville moulinoise. Moulins est coupée en deux par la ligne dé démarcation entre la zone libre (du côté de La Madeleine) et la zone occupée (du côté du centre-ville) au niveau du Pont Régemortes. Il a été d'ailleurs dynamité ce jour-là pour empêcher la traversée des troupes allemandes. Par la suite, une passerelle en bois a été construite installée et l’arche sera reconstruite en béton. Si vous êtes observateur, vous constaterez que l'une des arches est légèrement différentes des autres.



Il faudra un laissez-passer, un "ausweis", pour franchir le pont. Un point de contrôle est installé. L'armée allemande fera les contrôles, puis les douanes, la gendarmerie française également pour lutter contre le marché noir. Des témoignages évoquent des papiers de la résistance cachés dans les guidons des vélos. Des clandestins essaieront de passer la rive seuls ou avec des passeurs à travers la rivière.


L'exposition retrace les biographies d'hommes et femmes émérites durant cette sombre période, comme Maurice Tinland, Alphonse Rodier, Simone Léveillé et d'autres... Vous y trouverez également des anciens documents, des anciennes affiches de propagandes, des photos d'archives ainsi qu'une reconstitution du du pont Régemortes à cette période.




Revenons un instant dans la prison. Les prisonniers rivalisent d'imagination dans leur quotidien et la torture a fait rage et laissé des traces indélébiles dans la mémoire de ses témoins.


Yvonne Henri-Monceau a été prisonnière pendant deux ans dans la prison durant la guerre de 39-45. Elle retrace sa captivité dans son livre "une prison militaire allemande à Moulins. Un jour, pour découper un morceau de dinde, l'une des co-détenues a utilisé une simple baleine de corset ! Pas de couteau, ni de fourchette d'aucune sorte dans les cellules. Elle évoque les instruments de tortures utilisés, crosse de revolver, gourdin, tenaille, nerf de bœuf, fil de fer, une baignoire (qu'on a retrouvé et que vous verrez, photo ci-dessous), chaise, coups de poing, coups de pied, piétinement, talons ferrés du fer à cheval... La faim, la soif, la torture morale en imaginant les martyrs subis en les écoutants impuissants,, ont servies d'instruments également.


Pierre Sarrat dans son autobiographie "Dans les prisons de la Gestapo à la Mal-Coiffée raconte que des femmes et parents de prisonniers cachaient dans des paquets de linge du pain, du sucre, des œufs durs parfois du jambon ou du pâté. Il évoque aussi le décès d'un jeune de 20 ans qui a été accusé d'être un maquisard, Il est mort des tortures subies.




Parmi le personnel, les prisonniers ont tout de même évoquer la bienveillance de certains et certaines qui leur apportait du réconfort.


Il semble que le nombre de prisonniers ait varié entre 300 et 400 détenus selon le rythme des déportations ainsi que l'intensité de la répression menée contre la Résistance. De nombreux détenus y sont torturés, la déportation vers les camps de concentration et d'exterminations seront le sort de beaucoup d'entre eux.


A la fin d'août 1944, les forces d'occupation évacuent l'Allier, la majeure partie des prisonniers est libérée. Mais 66 personnes sont encore retenus par les Allemands, ils seront déportés le 25 août vers les campas d'extermination, ça sera "le dernier convoi".


Nous allons arrêter ici, je vous laisse découvrir les lieux en allant visiter le château ainsi que l'exposition.


Si cette période vous intéresse, et/ou que vous désirez en savoir plus, sachez que vous pourrez trouver à l'office de tourisme de Moulins et sa région, le DVD sur "Moulins au temps de l'Occupation à la Libération...".



Pratique :


L'exposition « L’Allier comme en 40 ! », est visible jusqu’au 3 janvier 2021, au château des Ducs de Bourbon, La Mal-Coiffée, Place de la Déportation, Moulins.


Visite du château : jusqu’au 31 août : tous les jours de 10 à 19 heures. Départ des visites à 10h30, 11h, 11h30, 14h30, 15h, 15h30, 16h, 16h30, 17h, 17h30.

Puis du 3 septembre au 4 octobre : du mercredi au dimanche. Départ des visites à 14h30 et à 16h30.


Une conférence est organisée tous les vendredis à 19 heures jusqu’au 28 août, animée par Christiane et Georges Chatard de la Société d’Émulation du Bourbonnais. Conférences gratuites, nombre de places limitées, selon la météo.


Une visite en nocturne jusqu'à fin août est organisée tous les vendredi. Billets auprès du musée Anne-de-Beaujeu, le jour même, avant 18h30 ou la veille.


Visite sur réservation au 04.70.20.48.47.


Tarifs :


- Tarif plein : 5

- Tarif réduit : 3 €

- Gratuit jusqu'à 16 ans et anciens combattants.

- Visite couplée Musée Anne de Beaujeau + château : tarif plein à 8 € et tarif résuit à 6 €

- Visite uniquement guidée

- Nombre de place limitée










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