Une visite insolite et masquée à Moulins !

Dernière mise à jour : 11 août 2020

Me voici embarqué dans une visite insolite entre visite guidée classique et théâtre ! La troupe itinérante masquée La Parade implantée à Gannat dans l'Allier, m'a fait découvrir quelques saynètes de théâtre. Moi qui suis justement comédienne dans une troupe de théâtre amateur, je ne pouvais pas rater cela ! Cette fois-ci, j'enrichis ce billet blog avec des vidéos de ces saynètes !



Pour cette visite, un autre ambassadeur de l'Allier, Jean-Marc, m'accompagne ! N'hésitez pas à découvrir son blog "Osons l'Allier" dans lequel il vous contera la visite également !


Nous partons de l'hôtel Demoret. Les premières traces des fondations de Moulins date de 990 au 10ème siècle. A cette époque, le lieu était chargé en moulins avec des fermes. Pour l'anecdote, le S à la fin de Moulins vient de là.


La fondation de la ville nous vient de la légende de la belle meunière et d'un Messire Archambaud. Un Bourbon aurait été attiré sur la rive droite de l’Allier par les charmes d’une jolie meunière, femme ou fille d’un meunier, vivant au Moulin-Bréchimbault qui, en effet, exista près de l’étang Bréchimbault, à l'emplacement du théâtre municipal actuel. Ce sire de Bourbon, un Archambaud, aurait édifié sur la rive droite un pavillon de chasse pour y retrouver sa belle. Le pavillon de chasse aurait été remplacé par un petit palais au bord de la falaise, au niveau de la place actuelle de l’ancien Palais. Plus tard, "la Malcoiffée", donjon solide et toujours debout, accroché près de la même falaise, fût le point de départ du château des ducs de Bourbon.


La ville est un point stratégique, la rivière Allier permet de surveiller la navigation et les routes entre Paris, et Cluny sa petite sœur, notamment pour les commerces. Petit à petit, Moulins se développa et devint la capitale du Duché de Bourbon. De nombreux notables vinrent s'installer dans la ville au fil de son développement,


Pour en revenir à l'hôtel Demoret, c'était un hôtel bourgeois des 14ème et 15ème siècle. Il a été construit pour Jean Babute un maître d'hôtel du duc Louis II de Bourbon. Au Moyen-Âge, les maisons médiévales avaient des boutiques (pas au sens où nous l'entendons de nos jours, ce sont des lieux de productions) au rez-de-chaussée et au-dessus des habitations. Son toit est à la française, un décor trilobé s'y trouve. Dans la cours, vous pouvez apercevoir une galerie en pan de bois qui servait de lieu de passage, au 19ème siècle et jusqu'en 1970, une école de dessin se trouvait dans cet hôtel qui accueillit par la suite le service patrimoine de Moulins avec le musée de la Visitation.


Surprise ! C'est un comédien ainsi qu'une comédienne de la troupe itinérante La Parade, qui viennent nous interprété un extrait des "caprices de Marianne".



Nous nous embarquons ensuite pour l'Hôtel de Ville. L'édifice monumental, dans l'esprit d'une villa à l'italienne avec sa fontaine pour son atrium, représente bien la rigidité et la droiture. C'est François Agnéty qui en réalisa les plans. Dans un style néo-classique, deux corps de bâtiments symétriques, organisés autour d'une cour créant deux passages. L'un pour l'ouverture de l'hôtel de ville sur le centre historique, l'autre pour la bibliothèque donnant sur la rue Voltaire dans l'axe de la nouvelle place Marx Dormoy. La façade monumental de l'Hôtel de Ville, s'ouvrait sur l'ancienne place du marché aux vaches. Ce sont les marchés qui animaient la ville. L'urbanisme médiéval était assez anarchique, ont ne réfléchissait pas trop à l'organisation des rues, celles-ci sont étroites avec des maisons qui se font ici et là (je schématise en grossissant les lignes).


Surprise ! Bérénice vient nous rendre visite à son tour !



Le Jacquemart vient rythmé Moulins, il devient la carte d'identité de la ville et son histoire est assez mouvementé. Construit en 1455, il avait pour fonction d'indiquer l'heure bien entendu, il organise non seulement le temps civil mais également le temps religieux avec sa cloche. Au Moyen-âge les incendies étaient nombreux, la tour de garde servait à la fois de tour de garde mais également pour prévenir ces incendies. Constructions en bois, ruelles étroites, ils se propageaient à toute vitesse ! En 1655, patatra ! Dans la nuit du 20 au 21 novembre, un incendie se déclara dans le voisinage de la Collégiale, dans les anciennes halles plus précisément pour aller jusqu’à la tour, l’endommageant. Il ne restait plus que sa couronne de pierre, la cloche de 1452 a fondue dans l’incendie.

Moulins rebâtie Jacquemart, cette fois-ci en dotant le beffroi d’une famille d’automates en bois et recouvert de plomb et de trois cloches. Connaissez-vous les prénoms de cette famille ? Non ? Alors je vous les présente. Nous avons Jacques, son épouse Jacquette, Jacqueline la fille, Jacquelin le fils. Les enfants sonnent les quarts d’heures, les parents les heures. Une légende raconte que la famille a été changé en statues pour punir Jacques qui avait manqué de vigilance dans la surveillance de la ville, laissant rentrer des ennemis.


Manque de chance, jamais deux sans trois, l'histoire se répète ! Dans la nuit du 12 au 13 mai 1946, pour fêter l’anniversaire de l’armistice, des feux de Bengales sont tirés de la tour. Le Jacquemart est de nouveau la victime d’un incendie qui l’endommage… Une souscription est lancée pour le reconstruire à l’identique. Petite anecdote en passant, depuis le bas de la tour, vous voyez les pilastres avec des dessins de vermicelles. Prenez une longue vue, ouvrez l’œil et vous pourrez peut-être lire de noms. Je n’en dis pas plus sur le sujet. Aujourd’hui, le Jacquemart fonctionne automatiquement par satellite.


Nous nous enfonçons dans les ruelles de l'ancien Palais, nous nous arrêtons à La Maison de Thierry de Clèves. Une jolie demeure à colombages. Nous sommes au 15ème siècle. Thierry de Clèves était chirurgien et barbier, c'était celui du duc Jean II de Bourbon. Cette demeure était celle de sa famille, c'est une maison dite maison polyvalente avec ses boutiques au rez-de-chaussée et maison d'habitation à l'étage. Elle est constituée de pierre de grès au rez-de-chaussée, les étages en pan de bois. Le décor sculpté est du style gothique tardif. Les étages de la façade donnant sur la rue est construit en encorbellement reposant sur des consoles feuillagées et des écoinçons décorés de trilobes. Un décor de feuilles de choux frisés viennent se décliner dans le grès comme dans le bois. A noter qu'il a échappé à l'incendie de 1655 et que cet hôtel particulier a été restauré dans les années 80, elle a conservé sa volumétrie ainsi que ses élévations d'origine.

Deux membres de La Parade vient nous interpréter, à leur façon, Don Juan !



Nous nous arrêtons quelques minutes devant la cathédrale Notre-Dame. Après avoir engagé la reconstruction de son château, Louis II, troisième duc de Bourbon, demanda au pape Clément VII d’ériger sa chapelle ducale en église collégiale. Un premier chapitre de chanoines y fut installé en 1386, et l’ancienne chapelle fut modifiée, sans doute reconstruite, pour être dédiée à Notre-Dame. En 1468, Agnès de Bourgogne, veuve du duc Charles Ier, posa la première pierre d’un nouvel édifice qui fut terminé dans les premières décennies du XVIIème siècle, et qui correspond à la partie Est de la cathédrale actuelle. Alors que la province du Bourbonnais était encore partagée entre trois diocèses, naquit l’idée, dès le 17ème siècle, de créer un évêché à Moulins. Mais si sa création fut officielle en 1790, c’est-à-dire en pleine tourmente révolutionnaire, il fallut attendre 1823 pour qu’elle soit véritablement effective, et pour que l’ancienne collégiale des ducs reçoive définitivement la cathèdre épiscopale, c’est-à-dire le siège de l’évêque, devenant ainsi la cathédrale Notre-Dame, élevée par le pape au rang de basilique en 1949. Pour l'anecdote, nous devons la cathédrale à Monseigneur de Dreux-Brézé, on a échappé de peu à l destruction de la Malcoiffée ! Le lieu saint abrite le triptyque du Maître de Moulins que je vous invite à aller voir.

Cyrano de Bergerac vient à nous avec sa tirade du nez et Hamlet aussi, dans le parc de la Maison Mantin - Musée Anne de Beaujeu - Malcoiffée et la Cathédrale Notre-Dame.



En ce qui concerne, l'Histoire de la Malcoiffée, je vous renvoi vers les billets précédents :

La Maison Mantin. Louis Mantin, bourgeois fortuné, fit construire à la fin du 19e siècle une imposante demeure autour de ses collections. 

Se sachant malade, il prit toutes ses dispositions et rédigea un testament à l'attention des visiteurs du futur, léguant sa maison et son contenu afin de montrer cent ans après sa mort « un spécimen d'habitation d'un bourgeois du 19e siècle... ».

Mais l'excentrique donateur n'a rien laissé sur l'histoire de sa vie. 

​En parcourant sa maison, figée pour l'éternité, on découvre de magnifiques cuirs dorés, des tapisseries d'Aubusson, des vitraux anciens illuminant chaque fenêtre, chaque pièce… 

La maison Mantin est conçue comme un écrin pour l'art. Avec un goût prononcé pour la rareté, l'insolite, l'éclectisme et l'exotisme, Louis Mantin a orné chaque pièce d'un étourdissant dédale de peintures, de livres, de photographies, d'objets miniatures, d'animaux naturalisés, de sculptures…


Le temps a passé mais cette collection est restée intacte. Parmi ces objets, on découvre une série d'indices bizarres, laissés peut-être à dessein.

En approfondissant la visite, on s'aperçoit que cette demeure ressemble à un portrait crypté et drôle du mystérieux Louis Mantin. Le bâtisseur a voulu survivre à travers cette maison donnée à la postérité, en conviant le visiteur à percer le mystère de sa personnalité.


Admirons un instant la façade du Musée Anne de Beaujeu. Regardez bien les médaillons, que voyez-vous ? Ils représentent la devise de Moulins, Allen ou espérance. La ceinture est celle de l'espérance, un cerf ailé vole à côté. Le chardon, drôle de symbole me direz-vous, est en faite un jeu de mot fait au mariage d'Anne avec Pierre. Lorsque Charles Quint a marié sa fille, le "cher don" est devenu le chardon ! Pour son Histoire, rendez-vous ici ;-)


Nous terminons par Ruy Blas dans la chapelle de l'Hôtel de Paris.



La compagnie est actuellement en tournée avec son spectacle "Pétrole Party" - Baraque écolo-satirique"


Synopsis : l'effondrement de la civilisation est proche , M. Panpan vous invite à la pavane monstrueuse des derniers rescapés de l'holocène !



Venez y découvrir le fauve climato-septique et son dompteur-chasseur, l’éco-bonimenteur aux mille solutions, M. Phénomène l’homme le plus pollué du monde, la fil-de-feriste futuriste, le ballet des océans, la meneuse de revue collapsologue et tant d’autres merveilles en voie de disparition.

Bienvenus à la Pétrole Party ! farce déculpabilisant qui se moque de nous-mêmes, de la société et des figures de l’écologie de tous bords.


Prochaines dates :

  • Jeudi 13 août di 13 août à Chantelle sur l'esplanade de l'abbaye à 20h30 (Tarifs de 12€ et 6€ réduit- Billetterie dès 20h)


  • Vendredi 14 août au château de Chouvigny à 20h30 (Plein tarif de 15€, pour les -26 ans 10€ et gratuit jusqu'à 5 ans - billetterie dès 20h) - Site web : https://www.chouvigny.net/




Plus de renseignements sur la troupe ainsi que leurs spectacles, animations (lectures publiques, balades/visites guidées/jeux) et formations (stages et ateliers) sur leur site web : http://laparade.org/



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Sources :

Site : http://www.ville-moulins.fr/patrimoine/ville-d-art-et-d-histoire.html

Fiches du service patrimoine de Moulins

Site Allier Tourisme : https://www.allier-auvergne-tourisme.com/



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