Pleins phares sur les routes mythiques N7 et N9

Dernière mise à jour : juin 27


Après une période particulièrement stressante pour tout le monde, j'ai repris les chemins des sites touristiques. Pour ce billet, je vous embarque avec moi en vacances ! Le musée du bâtiment consacre une exposition de circonstance avec "N7 N9 routes des vacances, étape à Moulins" ! J'accompagne ce post avec des liens (en bleu) ainsi que de vidéos sympas, que je vous invite à consulter.



Un peu d'histoire pour commencer. Remontons le temps jusqu'à l'époque gallo-romaine. Les voies servaient au pouvoir de Rome dans un empire vaste centralisé. Prolongeant la route depuis Rome, la voie de Nice à Lyon, sera l'ébauche du tracé de la future Nationale 7. De Lyon, un réseau de quatre voies en étoile, sous Agrippa, au premier siècle avant Jésus-Christ passe par chez nous le Bourbonnais avec un embranchement vers la Normandie.


Rendez-vous compte :

Les trajets se faisaient à pied ou à cheval, il fallait 25 jours pour atteindre sa destination à cheval, 1 à 2 mois à pied. Les voyageurs étaient des militaires et des commerçants.


Au 15ème siècle, en 1464 plus exactement, Louis XI crée la poste royale. Les messagers à cheval porteurs transportaient des plis du roi. Le réseau routier pour l'envoi des intendants dans les Généralités sont créées en 1542 dont celle de Moulins (dans l'Allier) en 1587. Le "guide des chemins de France" sont édités en 1552 où sont annotés avec les distances, les auberges et curiosités. Une sorte de guide Michelin avant l'heure. Un grand chemin de Paris à Lyon est précisé. L'itinéraire de Paris à Lyon est complété par Sully jusqu'à Nice, peu différents de celui de la future Nationale 7.


Rendez-vous compte :

Au Moyen-Âge, les trajets se faisaient à pied, à litières et en charrettes à bras. Il fallait compter un mois avant d'atteindre sa destination. Voyageaient, les chevaliers et les religieux surtout, les colporteurs ainsi que les ouvriers agricoles.

Sous Louis XIV, les trajets se faisaient à diligence, huit chevaux pour une vingtaine de voyageurs. Il fallait une centaines d'heures, soit neuf jours avec les étapes pour atteindre sa destination. Voyageait, les nombres et commerçants.


Au 18ème siècle, Louis XIV et Colbert transforment le réseau. Trudaine en 1744 créera un bureau des dessinateurs des routes et grands chemins avec villes et villages, ponts, toutes existantes, également créera "de clocher à clocher" pour des déplacements plus rapides. "L'atlas de Trudaine" sera publié en 1745 et 1780. L'École des Ponts et Chaussées verra le jour en 1747. En 1782, le réseau des routes royales : 27.000 km ! Départ des vingt premières routes royales depuis les Portes de Paris, puis du parvis de Notre-Dame.


Par décret du 16 décembre 1811, les routes sont numérotées. Les routes royales de Paris à Lyon, de Lyon à Marseille ainsi d'Aix à Nice deviennent la route impériale R.18, reliant Paris à Rome. Les routes nationales sont numérotées dans le sens des aiguilles d'une montre de Paris aux 130 départements de l'Empire. Les premières bornes seront créés en 1813 pour les limites entre départements, puis 40 ans plus tard les distances. En 1824, la N3 Paris-Hambourg disparaît et la route impériale R.18 devient la route royale n°7 avant de redevenir impériale sous le Second Empire. La N°7 aura deux dérivations : l'une de Moulins à la frontière espagnole la N°9, l'autre d'Aix vers Marseille et Toulon la N°8. Dès 1824, une carte signale en rouge les routes dites royales, la signalisation est reprise par des cartes Michelin pour les nationales.


Le premier guide Michelin verra le jour en 1900 suivi des cartes en 1910. Dans les années 1930, l'industrie automobile progressera rapidement, les routes sont goudronnées. Les lois des congés payés seront votées en 1936 avec les 3ème semaine en 1956, la quatrième en 1969. L'automobile se démocratisera. Les N7 et N9 seront des routes au trafic croissant en période estivale avec ses célèbres bouchons. Vous pouvez voir à Lapalisse tous les ans, une reconstitution d'ailleurs. Les tracés initiaux seront modifiés pour contourner des centres-villes. Dans les années 60, les autoroutes seront créées avec le déclassement progressif des nationales en départementales.


Rendez-vous compte :

En 1950, la voiture est le moyen de transport, il faut entre 2 et 3 jours de temps de trajet. Qui voyageait ? Tout le monde bien sûr !

Aujourd'hui, la voiture reste le moyen de locomotion, cette fois le temps de trajet est de 7h30 en moyenne. Qui voyageait ? Toujours tout le monde !


La N7, fait 995 km ! Elle part de Paris, passe par fontainebleau, Montargis, Cosne-cours-sur-Loire, Nevers, Moulins, Roanne, Lyon, Valence, Montélimar, Avignon, Aix-en-Provence, Brignoles, Fréjus, Nice et Menton. La route Paris-Côte d'Azur est surnommée "Route Bleue". ou "route du soleil".


Le point zéro des routes nationales se situe sur le parvis de Notre-Dame de Paris. C'est justement le cas pour la Nationale 7. La route Nationale 9 est greffée sur la Nationale 7 à Moulins au Pont Régemortes !








Vous verrez dans cette exposition, que des objets ont vus le jour. Objets que l'on collectionnaient avec des portes clefs originaux, divers jouets (mini voitures, mini cars et autres), des mignonettes et poupées ainsi que pleins d'objets différents ! Le fonds est issus de particuliers et d'associations de l'agglomération moulinoise.


Les porte-clés Bourbon vous parle ? Claude Cortinovis est le concepteur des porte-clés en plexiglas. En 1950, il propose à Armand Bourbon d'en assurer la production. Les porte-clés Bourbon sont la référence de qualité et d'originalité avec des reliefs intérieurs fixes et mobiles.


(Faites glisser les photos via les flèches sur les côtés au centre. Vous pouvez clisuer sur les photos pour les agrandir)


Au sujet des guides, quelques précisions


Les guides Michelin : Le premier "guide rouge" est crée en 1900 par André Michelin pour l'exposition universelle. C'est un guide offert pour l'achat de pneumatiques (il sera gratuit jusqu'en 1920).

On y trouve les plans des villes, les curiosités, les hôtels et restaurants ans oublier les garages. en 1931, Michelin crée les classements des restaurant, 1 / 2 / 3 étoiles.

Nous concernant à Moulins, l'hôtel moderne Darmangeat y apparaît dans l'édition de 1932.

en 1926, Michelin édite le "guide vert" à vocation touristique. Le guide Auvergne oublie le Bourbonnais et Moulins sera donc absente dans l'édition de 1958. En 1973, l'"erreur sera réparée et le Bourbonnais apparaît au guide Auvergne.


Le guide Hachette : En 1841, le guide Joanne est le premier guide de voyage français, c'est un guide culturel. Avec le développement de l'automobile, en 1919 il devient le guide bleu et répertorie également les itinéraires, les garages, les services d'autocar, etc...

Édité par région, il reste culturel et relate avec précision l'histoire et le patrimoine.

En 1973, Hachette édite "le guide du routard" destiné aux petits budgets.

De nos jours, c'est le guide Hachette des Vins (boisson à consommer avec modération).


Le guide de la route : En 1969, le Reader's digest sélectionne et édite en collaboration avec le Touring club de France, un guide de la route regroupant les conseils utiles et pratiques.


PLM : la compagnie des chemins de fer de Paris-Lyon-Méditerranée crée en 1857 est une compagnie privée et nationalisée en 1938. Elle propose également des excursions en autocar réalisables en plusieurs étapes via des hôtels réputés sélectionnés.


Le musée du Bâtiment se consacre également à d'autres collections

Le Pont Ginguet (qui n'existe plus de nos jours), la construction du pont Régemortes, le pont Mansard. V, des anciens plans de ville ainsi que des affiches d'anciennes entreprises.


Vous y trouverez aussi des morceaux d'Histoire préservés telle qu'une pierre commémorative de 1588 qui vient du 155 rue de Bourgogne à Moulins. Nous sommes en 1562, Moulins et une ville catholique, elle a été assiégée par les protestants qui ont pillés le "faubourg de Bourgogne" où était situé le bâtiment. Vous y verrez aussi la maquette du Pont du Veurdre construit en 1908 ainsi que d'anciennes photos de divers lieux.


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Les jouets ne sont pas en reste avec Lego®, Meccano, la production Jurassienne.


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La structure avait proposé une exposition de l'entreprise Potain-Manitowoc, qui se trouvait à Avermes. Un étage y est consacré avec des grues, maquette géante de la construction d'une centrale d'énergie de fusion nucléaire à Cadarache, ainsi que des photos époustouflantes prises sur des grues ! Vertigineux, s'abstenir de regarder !


(Faites glisser les photos via les flèches sur les côtés au centre. Vous pouvez clisuer sur les photos pour les agrandir)



Les autre étages se consacrent aux corps de métiers du bâtiment. Le sujet avait été abordé dans ce billet blog, La mémoire des métiers du bâtiment et Le musée du bâtiment vaut son pesant . Je vous laisse admirer les photos ci-dessous (nota-bene, vous verrez des rappels de l'exposition consacré à la N7-N9) :


(Faites glisser les photos via les flèches sur les côtés au centre. Vous pouvez clisuer sur les photos pour les agrandir)



Petit focus sur les compagnons du devoir et du tour de France

C'est une association ouvrière destinée à la formation et à l'apprentissage de métiers artisanaux. ( charpentier bois, couvreur zingueur, maçon tailleur de pierre, ébéniste, plombier chauffagiste, plâtrier staffeur, menuisier fabricant, boulanger, pâtissier, et autres) suivant les traditions du compagnonnage.


Elle fonctionne sur le système d'alternance école-entreprise mis en œuvre par les Compagnons du Tour de France. C'est une méthode pédagogique unique en France. L'élève découvre une autre région que la sienne via les stages. Le tour de France dure quelques années, il permet de devenir compagnon. L'étudiant itinérant voyage de chantier en chantier à travers la France Il peut participer à des chantiers particuliers dans des pays étrangers.


(Faites glisser les photos via les flèches sur les côtés au centre. Vous pouvez clisuer sur les photos pour les agrandir)


A l'issue de la formation, les élèves choisissent leur orientation suivant ses aspirations. Ils peuvent choisir la voie du Tour de France pour parfaire leur formation jusqu'à la licence et devenir compagnon. Ils peuvent poursuivre aussi leurs études à l'institut.


Plus de renseignements via leur site web en cliquant ici : ASSOCIATION OUVRIÈRE DES COMPAGNONS DU DEVOIR ET DU TOUR DE FRANCE


Je vous souhaite une bonne visite un bon voyage dans le temps !


NOTA BENE

A l'occasion de la nuit des musées le samedi 3 juillet, de 20 heures à Minuit, rendez-vous rue du Pont Ginguet à Moulins où vous pourrez découvrir et admirer des voitures anciennes exposées par des clubs Voitures Anciennes et profiter de l'exposition dans le même temps !

- Samedi 3 juillet : le Club des Tractions à 11h

- Et.... Lundi 5 juillet : le Rallye Nationale 9 à 16h30



Pratique :


Musée du Bâtiment , 18 rue du pont Ginguet, Quartier des mariniers, 03000 Moulins.

Visite libre gratuite.

Visite guidée à 2 € par personne.

Réservation pour les groupes.

Exposition ouverte jusqu'au 11 octobre 2021.

Ouvert tous les vendredis, samedis et dimanches de 10h à 12h et de 14h à 18h.

Ateliers jeune public sur réservation : mercredi et jeudi 14h à 17h.

Tél. au 04 70 34 23 69

Mail à museebatiment@orange.fr

Facebook sur @musee.dubatiment


Pour en savoir davantage :

"Nationale 7 : la mythique route en 5 étape"

"Prendre la Nationale 7 Aujourd'hui - 3 : Par où ?"

"La Nationale 7, traversée historique"

Vidéo Musée Nationale 7


Ouvrage : "Les chroniques de la nationale 7" de Thierry Dubois





Textes et infos sources : Musée du bâtiment






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